À quelle heure passe le prochain bus ? Sans aucun doute l’une des questions que se posent régulièrement les très nombreux usagers des transports en commun Ulissiens. Particularité historique, notre commune, située sur un plateau, est dépourvue depuis toujours d’un accès facile à une gare RER. Une situation singulière pour une ville de 25 000 au coeur d’une des régions les mieux pourvues au monde en matière de mobilités.
Dans une ville où le taux de personne ayant au moins un véhicule automobile est parmi les plus faibles de l’Essonne, l’accès aux transports en commun demeure une préoccupation centrale et quotidienne. Si la compétence est l’apanage unique de la Région, via Ile de France Mobilités (IDFM), la communauté d’agglomération (qui participe au financement du réseau de transport de Bus) et la commune œuvrent ensemble pour obtenir une augmentation de l’offre et le développement de liaisons nouvelles.
C’est un travail de longue haleine que reconnaissent avoir mené pendant plus de 5 ans Djallal Bourada, adjoint au Maire en charge de la question des mobilités et Clovis Cassan, Vice-Président en charge de la question pour le compte de la Communauté d’Agglomération Paris-Saclay (CPS) : « dès le début du mandat, nous avons oeuvré avec Raphaël Krug, directeur des mobilités de la CPS de l’époque et ses équipes, pour repenser les liaisons du plateau de Courtaboeuf » soulignent-ils de concert. Un travail d’équipe qui s’appuyait d’ailleurs sur le diagnostic réalisé auprès des entreprises du pôle d’activités afin de connaitre les besoins des entreprises et des usagers. « Nous sommes partis du constat que les lignes n’avaient pas toujours le même itinéraire à l’aller et au retour et que cela créait des incompréhensions chez les usagers » confirme Clovis Cassan. « De plus, les itinéraires existants n’étaient pas assez divers, notamment entre Courtaboeuf et les gares de la ville d’Orsay ou le plateau de Saclay ».
Enthousiaste, Djallal Bourada décline la démarche initiale qui a motivé l’augmentation de l’offre à venir : « avec les élus des autres communes, nous avons demandé à IDFM de décliner un plan de rationalisation et de développement des lignes qui transitent par le pôle. L’idée était de tirer profit des flux d’usagers qui se rendent à Courtaboeuf depuis nos communes et depuis les gares RER du territoire pour créer des lignes cohérentes avec les besoins d’aujourd’hui et ceux de demain » et l’édile de poursuivre : « nous sommes conscients que les attentes des usagers sont nombreuses et toutes aussi fortes que celles des entreprises, qui insistent sur l’importance des transports en commun pour augmenter l’attractivité du pôle d’activité. »
C’est donc un nouveau plan qui a été patiemment travaillé ces dernières années et dont la première phase est lancée en cette fin du mois d’avril 2025. « Ce sont 3 phases qui se déclineront sur environ 2 ans pour que le plan soit intégralement déployé sur le territoire » rappelle Djallal Bourada. L’adjoint au Maire ne cache d’ailleurs pas ses exigences en la matière : « Nous avons dû travailler les courses, les itinéraires, les amplitudes, tout. Au-delà de l’aspect pratique, nous avons insisté sur l’aspect durable de la démarche car si nous voulons que les gens ne soient pas totalement dépendants de leurs véhicules automobiles, il faut leur proposer des alternatives. C’est un enjeu pour la transition écologique mais aussi pour la justice sociale quand on est conscient du cout que représente une voiture (en dehors de l’acquisition, on l’estime à 6000 euros en moyenne par an et par véhicule). »
Ils sont un peu plus de 10 000 chaque jour à emprunter les différentes lignes qui relient la Gare de Massy aux Ulis via Courtaboeuf. Un chiffre qui confirme la nature structurante du réseau de transport en commun du territoire de Paris-Saclay. D’une même voix, Djallal Bourada et Clovis Cassan saluent le travail de la CPS : « Les équipes de l’agglomération menées par Rémi Lardilleux, directeur du service qui a repris la dynamique initiée par son prédécesseur, travaillent encore d’arrachepied avec IDFM pour s’assurer de la mise en place de ce développement d’offre inédit pour le territoire ». Au total, c’est environ 30% d’augmentation d’offre par rapport à la situation initiale.
« La fréquence devrait permettre les correspondances entre les lignes dans le pôle d’activité, notamment pour permettre aux usagers de rejoindre la partie au nord-Est de la zone qui était desservie via la navette (21) jusqu’alors. Mais nous surveillerons aussi la réalité des usages » souligne Djallal Bourada qui n’oublie pas non plus s’attarder sur le point fort du projet : « une meilleure fréquence et surtout une amplitude de fonctionnement considérablement élargie jusqu’à 1h30 du matin depuis Massy. » Un véritable plus pour l’attractivité de ces lignes.
Un plan en trois phases qui s’étendra jusqu’au premier semestre de 2026 pour permettre à l’ensemble des secteurs de Courtaboeuf d’être accessibles en transports en commun. « Nous avons des aménagements de voirie à effectuer avec les communes voisines si nous voulons permettre que l’ensemble du plan se décline efficacement » explique Clovis Cassan, « l’objectif global est que nous n’oublions aucun secteur à terme, y compris la zone commerciale qui se situe au sud du pôle d’activité, mais pour cela il faut que les bus puissent circuler sans souci » Et l’édile de conclure « pour les deux dernières phases du projet, le travail continue, sereinement mais fermement, nous avons obtenu des garanties sur le financement du projet par la Région mais nous consolidons encore les derniers contours pour pouvoir les faire valider par les élus et les présenter à la population avant leurs mise en œuvre d’ici moins de deux ans pour les dernières lignes. »
Pour les usagers des Ulis, le principal changement réside dans un accès simplifié aux gares d’Orsay-Ville et de Massy-Palaiseau. Concrètement, deux lignes différentes desserviront chacune des gares et emprunteront des axes aux quatre coins de la commune. « À titre d’exemple, les habitants proches de l’avenue des Cévennes seront désormais desservis par une ligne qui va à Orsay (la 5) et une ligne qui va à Massy (la 4621) » précise Djallal Bourada. « De même, les riverains de l’avenue des Champs Lasniers et d’Alsace choisiront maintenant entre la ligne vers Orsay (la 3) ou la ligne vers Massy (la 4622). Cela va changer pas mal nos habitudes » poursuit l’élu. « Les habitués de l’arrêt de bus de la Mairie devront, par exemple, faire quelques mètres pour rejoindre un autre arrêt s’ils veulent se rendre à Massy ».
Parmi les bonnes nouvelles, la ligne de bus 5 est, elle aussi, intégrée au plan de développement d’offre via une fusion avec la ligne DM10 de Marcoussis. L’augmentation des fréquences et de l’amplitude, attendue depuis longtemps, devrait être effective au milieu du mois de septembre 2025. « Des aménagements de voiries sont nécessaires dans la commune de Marcoussis, mais les services de la CPS et d’IDFM s’emploient à tenir le calendrier » sourit Clovis Cassan. Et l’édile de conclure : « Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour augmenter notre offre de transports, mais ça avance et nous ne lâcherons pas sur ce sujet. »
Des aménagements prévus pour améliorer la performance des transports en commun. Améliorer les transports en commun ne se limite pas à augmenter l’offre, il faut aussi pouvoir la permettre. Un travail concerté en parallèle que mène Djallal Bourada et Clovis Cassan autour des aménagements urbains à réaliser dans le territoire. Chantier prioritaire en la matière, la requalification de la gare routière du Centre commercial Ulis 2, pour permettre d’augmenter la capacité d’accueil des lignes en terminus, sécuriser les déplacements et garantir l’intermodalité entre les différents modes (cyclistes, piétons, automobiles, bus). « Nous avançons bien sur ce sujet, d’autant que le secteur connait de réels changements, notamment avec l’arrivée du futur complexe cinéma » confirment d’une même voix les deux élus.
« Une fois sur les voies de circulation, nous devons veiller à limiter les impacts du trafic sur la circulation des bus », poursuit Clovis Cassan, qui a ouvert récemment une réflexion avec le maire d’Orsay autour de la rue de la Ferme et du rond-point de Mondétour qui, après le Ring, fera l’objet d’une requalification complète par le Département. « Une occasion idéale de repenser ces axes qui peuvent parfois augmenter le trajet de plusieurs minutes en heures de pointe » souligne d’ailleurs Djallal Bourada. Dans le même temps, les élus n’oublient pas de rappeler le combat mené auprès de l’Etat par la municipalité pour obtenir la finalisation du projet de voie dédiée complète dans les deux sens sur l’A10 entre Château d’Eau et la gare de Massy.
Le lien vers le plateau de Saclay est devenu particulièrement important pour de nombreux habitants des Ulis. « Le lien avec le nouvel hôpital, les écoles, l’université, l’agglomération... L’enjeu est devenu évident pour notre municipalité » confie Djallal Bourada. « Nous souhaitons poursuivre les travaux d’une fusion potentielle entre notre ligne 3 et la ligne 91.06 qui dessert le plateau entre Le Guichet et Massy Palaiseau. Ce serait une ligne avec une amplitude et une fréquence très conséquente, mais les aménagements de voiries à Orsay sont importants et nécessitent encore du temps, notamment pour la fluidité et l’accessibilité. Aussi nous œuvrons en parallèle auprès d’IDFM pour permettre la création d’une ligne préfiguratrice vers l’Hôpital dans les prochains mois. Mais je n’oublie pas non plus la ligne 9 », poursuit l’adjoint au maire. « Nous savons que cette ligne est de plus en plus fréquentée et qu’il faudra obtenir une augmentation des fréquences et de l’amplitude si nous voulons qu’elle reste une alternative réelle à la voiture ».
Si rien n’a été encore officiellement présenté aux élus des Ulis, une récente communication de la Région confirme la réalisation prochaine (en 2026 selon la Région) d’une ligne de car Express reliant les Ulis à Pont de Sèvres (permettant une correspondance avec la ligne 9 et la future ligne 15 du métro). Un renfort bienvenu qui viendra renforcer les liaisons vers le nord de la région, en particulier la ligne 91.08 victime de son succès.